ESTHER SODGA : L’ARTISANE DE LA VANNERIE

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Depuis 2018, cette dame âgée de 36 ans se présente aujourd’hui au carrefour Mvog-Mbi comme l’exemple concret et palpable d’une femme courageuse, qui a su se frayer un passage dans ce métier plus pratiqué par les hommes.

Passionnée par l’artisanat depuis son enfance, Esthaire va s’y lancer après deux années d’études en droit privé à l’université de Yaoundé I. Agée de 32 ans cette année, elle aura pour préoccupation le choix du lieu et sa spécialisation. « J’ai préféré le carrefour Mvog-Mbi parce que ce n’est pas loin de chez moi et c’est la base du rotin à Yaoundé. En ce qui concerne mon choix dans la spécialisation, j’avais remarqué préalablement, que les objets de la vannerie ne sont pas lourds. Et moi en tant que femme je pourrai facilement transporter ce que je fabrique », renseigne-t-elle. Pour avoir de l’espace dans cet atelier, il a fallu qu’elle s’entende au préalable avec son propriétaire, avant de le séduire par son savoir-faire. « Quand elle s’est rapprochée de moi en 2018 pour solliciter une place dans mon atelier, mes collègues et moi ne croyaient pas en elle. Mais avec le temps, elle a arraché cette confiance grâce à son professionnalisme et sa ponctualité », explique Guy Martial, propriétaire dudit atelier.En plus de son professionnalisme Esther Sodga est aussi sociable. « Avant qu’elle n’arrive, l’atmosphère était toujours très sérieuse. Chacun travaillait parfois sans adresser la parole à l’autre. Mais depuis qu’elle est avec nous l’atmosphère est plus détendue, ont blague à tout moment et le travail évolue sans qu’on ne s’en rend compte.  » Affirme un collègue de Esthaire.Toujours ponctuel au travail, Esthaire a un quotidien bien chargé. « Chaque matin quand j’arrive, j’expose les meubles et tous les objets que nous avons ici. Ensuite je me mets au travail jusqu’au soir. Je peux prendre ma pause quand je veux. Mais, quand il y’a des commandes, je suis obligée de travailler avec la pression et parfois sans pause », confie-t-elle.

Après une journée de dur labeur, elle doit se reposer pour revenir requinquer le lendemain. « Chaque jour, quand je rentre j’ai très mal au dos et parfois ce sont des ampoules qui envahissent ma paume de main. C’est pour cette raison que je prends beaucoup de congés. Mais il ne faut pas oublier que malgré ses petites imperfections, ce métier me permet non seulement, de me prendre en charge, mais aussi, de gagner mon pain quotidien et partager la bonne humeur au quotidien avec mes collègues.»

© Carine Noelle Djuissi (Stagiaire, Boulevard-actu)

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