Décentralisation: «Les élus locaux à l’Ouest ont du mal à s’approprier de la nouvelle loi»Alain Georges Bentep
Pour le délégué régional du ministère de la Décentralisation et du développement Local, la non-appropriation de la nouvelle loi portant Code général des collectivités territoriales décentralisées par les différents acteurs, reste un frein pour le processus dans la région de l’Ouest.
Dans cet entretien accordé à votre site web d’information, Alain Georges Bentep passe en revue l’état des lieux de l’implémentation de la politique de Décentralisation et du développement Local à l’Ouest.
Monsieur le Délégué régional quel est l’état de santé de la décentralisation à l’Ouest ?
Je dirais que le train de la décentralisation évolue sûrement vers la destination qui est la sienne. Cette politique publique qui est un choix non seulement du peuple à travers le grand dialogue national, mais aussi de la très haute hiérarchie de notre État, notamment du président de la République, Paul Biya, fait son bonhomme de chemin. Je crois qu’il est assez tôt pour pouvoir faire une évaluation.
Qu’est-ce qui peut constituer un frein à ce processus ?
En réalité, les facteurs ne sont pas inhérents à la région de l’Ouest, par ce que le processus de décentralisation au Cameroun est une dynamique nationale. On a notamment dénombré la non-disponibilité de tous les décrets d’applications du Code général des collectivités territoriales décentralisées. Le processus fait son bonhomme de chemin comme je l’ai dit plus haut. Nous en avons par exemple eu quatre décrets qui ont été produits il y a de cela quelques jours par rapport aux compétences du conseil régional. Il y a également comme facteur, la pesanteur sur le principe de simultanéité du transfert des ressources et des compétences.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez avec les CTD ?
L’une des premières difficultés, c’est l’appropriation de la nouvelle loi, c’est-à-dire le nouveau Code général des Collectivités territoriales décentralisées qui a été promulgué à travers la loi N° 2019/024 du 24 décembre 2019. Vous savez, il y a un adage latin qui dit que « nul n’est censé ignorer la loi ». Il y a encore un besoin d’appropriation par ces acteurs à savoir les élus locaux. Nous encourageons donc les initiatives qui vont dans le sens de la formation des membres des exécutifs sur cette loi. J’ai par exemple été convié il y a de cela quelques jours par la commune de Dschang dans le cadre de la formation des conseillers municipaux. Aux titres des autres difficultés, on a des transitions. Nous sommes en 2023 pratiquement et on doit basculer dans le budget programme. Il est donc impératif de mettre à niveau, les CTD pour que le passage au budget programme dont la date butoir est fixée à 2023, soit une effectivité.
Quel est le niveau d’implémentation du Conseil Régional ?
Dans tout processus de développement, il y a une phase d’installation, il y a une phase d’implantation. Je crois que les années 2020, début 2021 voir même 2022, ont été consacrées à cette phase d’implantation de ce conseil régional comme structure et comme infrastructure. Le conseil régional a même anticipé sur certaines actions de développement concrètes et visible sur le terrain. Il y a beaucoup de réalisation qui sont en cours par exemple, un lycée agricole est aujourd’hui en cours de construction à Galim , il y a également la réhabilitation des hôpitaux de districts qui est en cours à Penka-Michel, etc… Bref, le Conseil Régional de l’Ouest est en train de se déployer progressivement sur le terrain.
Quel conseil à l’endroit des populations et aux acteurs des CTD ?
J’ai un article que j’aime bien lire. En article 40 portant Code général des CTD, section 2, il est écrit : «De la participation citoyenne à l’action communale et régionale». L’Article 40 alinéas 1 stipule également que: «Toute personne physique ou morale peut formuler à l’intention des exécutifs communales où régionales, toute proposition tendant à l’activité territoriale concernée ou à améliorer son fonctionnement». Le législateur dit en effet que chacun d’entre nous en tant que citoyen, doit formuler des propositions pour le bon fonctionnement de nos CTD .
© Entretien réalisé par Marcel Ndi, Boulevard-actu.
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