BIODIVERSITÉ VÉGÉTALE : LE MINADER MOBILISE SES PARTENAIRES POUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

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Le 12 mai 2026 marque la célébration de la cinquième édition de la Journée internationale de la santé des végétaux, une échéance cruciale pour la sensibilisation mondiale sur la protection des plantes. En prélude à cette commémoration, le ministère de l’Agriculture et du Développement Rural a orchestré une table ronde d’envergure à Yaoundé. Cette rencontre a réuni autour d’une même table le secteur public, les acteurs privés, la société civile ainsi que le Système des Nations Unies, tous engagés dans une réflexion profonde sur le thème de la biosécurité végétale au service de la sécurité alimentaire.

Ouvrant les débats sur les enjeux de la biodiversité au Cameroun, Gabriel Mbaïrobe, ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, a d’emblée établi un lien indissociable entre la sécurité alimentaire et la vigueur du secteur agricole. Le ministre a toutefois partagé son inquiétude face à une productivité sans cesse fragilisée par les ravageurs, les maladies émergentes et les risques accrus liés à l’introduction d’organismes nuisibles, le tout amplifié par les dérèglements climatiques. Dans cette perspective, il a présenté la biosécurité végétale non pas comme une option, mais comme la solution impérative pour sécuriser les cultures et pérenniser la production nationale.

Pour opérationnaliser cette vision, le département ministériel s’appuie sur une stratégie structurée autour de trois axes fondamentaux. L’action débute par une prévention rigoureuse aux frontières, où un réseau de cinquante-deux postes de police phytosanitaire assure un maillage territorial strict pour empêcher l’entrée d’agents pathogènes. Cette première ligne de défense est complétée par des mesures de quarantaine permettant d’isoler ou d’interdire certains produits afin d’étouffer toute velléité de propagation. Enfin, une analyse systématique des risques phytosanitaires est conduite avant chaque importation de végétaux ou de semences, garantissant ainsi une évaluation précise des menaces potentielles avant qu’elles n’atteignent le sol camerounais.

La question de la semence a occupé une place centrale dans les échanges, notamment à travers l’intervention du Dr Komi K. Kouma, représentant de l’Institut international d’agriculture tropicale. Ce dernier a décrit la semence comme une arme à double tranchant, à la fois point de départ de la productivité et potentiel cheval de Troie pour les pathogènes. Il a expliqué qu’une semence infectée peut devenir le foyer d’une contamination à grande échelle, affectant non seulement l’exploitation initiale mais aussi les zones environnantes. Pour illustrer ce péril, il a évoqué des fléaux tels que la maladie de la nécrose létale du maïs en Afrique de l’Est ou le virus du sommet touffu du bananier qui menace les frontières nationales, tout en préconisant une amélioration variétale équilibrée entre impératifs économiques et respect de l’environnement.

Appuyant cette nécessité de vigilance, la représentante de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a insisté sur les défis imposés par la mondialisation. Elle a rappelé l’importance de certifier chaque nouvelle variété comme étant non-OGM auprès d’organismes agréés et de maintenir des contrôles en laboratoire extrêmement stricts. L’accent a été mis sur la prévention de maladies encore absentes du territoire mais redoutables, à l’instar de la striure brune du manioc ou du Fusarium TR4 qui décime les bananeraies ailleurs dans le monde.

En guise de conclusion à ces travaux, le ministre Gabriel Mbaïrobe a rappelé l’urgence d’une conscience collective en affirmant que la prévention de la biodiversité et la sécurité alimentaire constituent une responsabilité partagée par tous les citoyens.

Paul Wandji

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